Le pape et l’épiscopat éthiopien s’inquiètent de la situation dans le Tigré

Alors que l’Éthiopie fait face à des tensions politiques, militaires et communautaires grandissantes, les évêques appellent au dialogue entre les protagonistes. Dimanche 8 novembre au cours de la prière de l’Angélus, le Saint-Père a également exprimé son inquiétude. Le conflit opposant le pouvoir fédéral éthiopien au Front de libération du peuple du Tigré suscite l’inquiétude. Dimanche […]

Alors que l’Éthiopie fait face à des tensions politiques, militaires et communautaires grandissantes, les évêques appellent au dialogue entre les protagonistes. Dimanche 8 novembre au cours de la prière de l’Angélus, le Saint-Père a également exprimé son inquiétude.

Le conflit opposant le pouvoir fédéral éthiopien au Front de libération du peuple du Tigré suscite l’inquiétude. Dimanche 8 novembre, au cours de la prière de l’Angélus, le pape François a invité les protagonistes à éviter les affrontements armés. « Je suis avec inquiétude les nouvelles qui arrivent d’Éthiopie, a-t-ilaffirmé. Si je demande à chacun de rejeter la tentation de l’affrontement armé, j’invite tout le monde à la prière et au respect fraternel, au dialogue et à la résolution pacifique des différends ».

Pour leur part, les évêques éthiopiens ont invité au dialogue dans une déclaration rendue publique le 5 novembre. « Nous exhortons les parties à résoudre leurs divergences de manière amicale, dans un esprit de respect, de compréhension et de confiance », ont-ils écrit assurant qu’ils prient « afin que les personnes vivent dans le respect, la concertation et le dialogue et œuvrent ensemble pour la prospérité de leur pays ».

Conflit

Le 4 novembre, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a accusé le Front de libération du peuple du Tigré d’avoir attaqué plusieurs bases de l’armée éthiopienne, dans la capitale régionale, Mekele mais également à Dansha, une ville de l’Ouest de la région. Face à ces attaques le premier ministre a décrété l’état d’urgence dans l’ensemble du Tigré pour une période de six mois.

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Les relations entre l’État fédéral éthiopien et le Tigré se sont considérablement détériorées depuis la nomination d’Abiy Ahmed comme premier ministre. À cette insatisfaction s’ajoutent la frustration et la colère des Tigréens après de nombreuses attaques xénophobes contre eux, restées impunies.

Par exemple, le 26 septembre des assaillants ont tué au moins 15 personnes dans la zone de Metekel, dans l’ouest du pays. Plutôt dans le mois, à la frontière soudanaise, deux autres attaques avaient fait plusieurs morts parmi la population civile et contraints 300 personnes à se déplacer.

« L’Éthiopie n’y gagnera rien »

« Malgré les efforts des responsables religieux, des anciens et d’autres parties intéressées à désamorcer le conflit en cours entre la République fédérale démocratique d’Éthiopie et l’État régional du Tigré, une escalade des tensions a été enregistrée » déplore encore l’épiscopat qui insiste : « si les frères s’entre-tuent, l’Éthiopie n’y gagnera rien. En revanche, cela portera le pays à la faillite et n’apportera rien à personne ». Ils invitent également tous les Éthiopiens à « contribuer à la cause de la réconciliation, renforcer l’unité nationale et garantir la paix et la sécurité ».

Lucie Sarr