Le père François Kientega slame à Ouagadougou


Depuis trois semaines, les médias catholiques de Ouagadougou ont enrichi leur playlist avec du slam. Ce sont les mélodies et textes du père François Kientega, religieux camillien, étudiant en 6e année de médecine.

Ce prêtre, en plus de son apostolat pour les malades, porte un attachement aux jeunes.

Le 26 juin, le père François Kientega, un religieux camillien a fait la dédicace de son premier album de slam « Mon espérance » dont les morceaux ont été écrits et mis en musique pendant le confinement imposé par la pandémie du coronavirus. En mission à l’hôpital Saint-Camille de Ouagadougou, ce prêtre de 37 ans originaire de Nanor à 85 km de la capitale est étudiant en 6e année de médecine à l’université Saint-Thomas-d’Aquin (Usta) de Ouagadougou.

Très attaché à la jeunesse, c’est à elle qu’il dédie ce coup d’essai dans le slam. Il leur consacre des titres comme « Le bonheur vous attend » et « Jeunesse africaine ». « Les adolescents sont l’espérance de nos familles, de nos nations, estime-t-il. Donnons-leur le temps de les encadrer, de leur indiquer un chemin afin qu’ils prennent conscience eux-mêmes qu’ils sont une espérance pour l’Afrique. »

Le père Kientega a été vicaire et aumônier à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) de 2010 à 2014. À l’époque, 60 à 70 % de la population carcérale était jeune. De plus, depuis 6 ans, le religieux étudiant côtoie des jeunes à l’université Saint-Thomas-d’Aquin, deux expériences qui le rendent sensible aux problèmes que rencontrent les jeunes.

Pourquoi chanter ?

Le père Kientega a commencé le séminaire après ses 17 ans. Pendant ses années d’études en théologie, il a fait des classes de chant pour l’animation liturgique et a été membre du Chœur polyphonique du Juvénat Saint-Camille. « Ce sont des expériences qui m’ont un peu orienté vers les disciplines artistiques », reconnaît le prêtre qui ajoute que « toute personne a cette capacité de chanter » car « la chanson nous permet d’exprimer des émotions que chacun de nous ressent ».

Les débuts

Après son ordination le 2 juillet 2011, ce religieux n’a jamais pensé se retrouver un jour en studio d’enregistrement. C’est 8 ans plus tard, en 2019, que les prémisses de cette carrière musicale se sont dessinées. Cette année-là, le père François devait accompagner le directeur actuel de la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) en Italie pour défendre un projet sur la culture maraîchère en faveur des détenus. Il avait alors décidé de rédiger un petit poème intitulé « Dans nos prisons ». Son souhait était de le présenter à leurs partenaires après la présentation dudit projet. Ce qui fut fait et fut fort apprécié.

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À son retour au Burkina, lors du lancement de la 3e édition du « Camps Vacances Santé », qui a pour objectif de sensibiliser les élèves de la 6e à la terminale sur la promotion de la santé, certains de ses textes ont été slamés par des jeunes. Le prêtre s’est laissé ensuite emporter par l’amour des rimes. C’est ainsi qu’en janvier 2020, il a publié un recueil intitulé « Être une espérance », un opus vendu à 700 exemplaires environ.

L’album « Mon espérance » est disponible dans les paroisses et les librairies catholiques.

Hortense Atifufu (à Ouagadougou)