Le travail de la commission sur le diaconat féminin se dessine


Dans l’« Osservatore Romano » du 9-10 mai, la philosophe Giorgia Salatiello, professeure à l’université pontificale grégorienne, estime que la nouvelle commission sur le diaconat féminin, mise en place par le pape François le 8 avril, est appelée à « s’engager dans un esprit d’inventivité ».

« Le travail de cette seconde commission créée par le pape le 8 avril est complexe », indique la philosophe Giorgia Salatiello, professeure à l’Université pontificale grégorienne, dans les colonnes de l’Osservatore Romano du 9-10 mai, à propos de la nouvelle commission sur le diaconat féminin mise en place par François.

Cette nouvelle commission vient remplacer celle créée en 2016 par le pape François. Ce dernier s’était engagé devant plusieurs centaines de supérieures majeures du monde entier à clarifier la question du diaconat féminin. La première commission n’avait pas réussi à se mettre d’accord sur le rôle des femmes diacres dans l’Église primitive.

Cette nouvelle commission, selon Giorgia Salatiello, doit « s’engager dans un esprit d’inventivité » tout en s’inscrivant dans la tradition pour la développer. À la lumière des données historiques et de leur lecture théologique, il s’agira « de tourner notre regard vers le présent pour y lire ses signes particuliers ».

« Une recherche historique précise »

Présidée par le cardinal Giuseppe Petrocchi, archevêque de L’Aquila (Italie) qui a beaucoup travaillé sur la formation des laïcs, cette commission – dont le secrétaire est le père Denis Dupont-Fauville, prêtre du diocèse de Paris et spécialiste de saint Hilaire de Poitiers, auquel il a consacré une thèse, en 2007 à l’Université pontificale grégorienne –, devra, toujours selon Giorgia Salatiello, effectuer « une recherche historique précise ».

En effet, la situation des femmes diacres dans l’histoire n’est pas homogène et varie selon « les contextes et les pratiques ». Dans les premiers siècles, elles étaient appelées par les évêques pour aider à la liturgie, notamment pour les baptêmes et les onctions d’autres femmes. La question du mandat, « par ordination ou par bénédiction », de ces femmes diacres devra ensuite être examinée, comme l’a déjà indiqué le pape.

Très importantes, ces recherches archéologiques ne sont cependant pas « une fin en soi », met en garde la philosophe italienne. Elles doivent être « élevées au niveau théologique, c’est-à-dire éclairées par la Révélation, qui ne change pas mais que la théologie vise à mieux comprendre ». Enfin, Giorgia Salatiello rappelle les débats actuels autour du diaconat féminin : certains considèrent ce ministère comme « préjudiciable » ; d’autres l’envisagent comme une « reconnaissance » de la spécificité et de l’égale dignité des femmes dans l’Église.

Selon elle, la question du diaconat féminin ne pourra donc être abordée sans considérer celle plus large de la situation et de la reconnaissance des femmes dans l’Église. Une reconnaissance, avait indiqué le pape François pendant le synode sur l’Amazonie, qui ne peut trouver une réponse « uniquement fonctionnelle ».

Claire Lesegretain (avec Cath.ch)