Jeudi 22 avril, le président du Mozambique, Filipe Jacinto Nyusi, a reçu une délégation de la conférence épiscopale de ce pays d’Afrique du Sud-est.

Une délégation d’évêques conduite par Mgr Lúcio Andrice Muandula, évêque de Xai-Xai (sud), a été reçue, jeudi 22 avril, par le président Filipe Jacinto Nyusi.

« C’était une rencontre privée que nous avons demandée pour parler avec son Excellence le Président de la République et apporter quelques opinions de la conférence épiscopale du Mozambique sur la situation du pays dans les différents aspects », a précisé Mgr Lucio Andrice Muandula au sortir de cette rencontre.

Dans une déclaration rendue publique le 14 avril, les évêques du Mozambique avaient dénoncé les violences dans le nord-est du pays, notamment dans la province de Cabo Delgado, trois semaines après les tueries du 24 mars.

Attaques

Le 27 mars, des groupes armés affiliés au groupe État islamique (EI) après avoir semé la terreur se sont emparés de la ville portuaire de Palma, dans le Nord-Est, dans la province de Cabo Delgado.

Au moins 2 600 personnes ont perdu la vie depuis le début des attaques terroristes en 2017 et plus de 700 000 personnes ont été forcées de quitter leur domicile.

A lire: Au Mozambique, l’épiscopat dénonce l’insécurité dans le nord-est

Le mouvement djihadiste du nord-est du Mozambique serait né en 2007 avec un petit groupe islamiste nommé Ansaru-Sunna et qui a construit de nouvelles mosquées adoptant un islam rigoriste. Il a ensuite grandi se nourrissant notamment des populations insatisfaites de l’exploitation gazière réalisée par des compagnies internationales.

Garder espoir

Au sortir de sa rencontre avec le président du Mozambique, le président de la conférence épiscopale a confié que « l’Église voudrait que les jeunes vivent une vie différente de celle qu’ils mènent actuellement, c’est pourquoi nous encourageons les gens, en particulier les jeunes, à essayer de cultiver leurs espoirs et leurs rêves, et à travailler à leur réalisation ».

Cette préoccupation avait déjà été évoquée par l’épiscopat dans sa déclaration du 14 avril. Pour les évêques de ce pays d’Afrique du sud-est, « il n’existe aucune possibilité de se construire une vie digne » pour la majorité des jeunes dont la voix est ignorée. « Si le pays lui-même semble manquer d’une direction ou d’un projet commun auquel tous sont invités à collaborer activement, comment les jeunes peuvent-ils avoir une quelconque perspective ? » s’étaient, en effet, demandé les évêques.

Lucie Sarr