L’épiscopat européen exprime sa solidarité aux chrétiens nigérians


Dans une lettre adressée aux évêques nigérians, le président de la Commission des épiscopats de la communauté européenne (Comece), le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg a exprimé sa compassion aux chrétiens de ce pays d’Afrique de l’Ouest face aux agressions terroristes dont ils sont victimes.

Les évêques européens sont sensibles à la situation des chrétiens du Nigeria et ils l’ont fait savoir à travers une lettre adressée, début juillet, à leurs homologues du pays le plus peuplé d’Afrique. « Selon de récentes statistiques, quelque 6 000 chrétiens nigérians ont été tués depuis 2015, principalement par Boko Haram et par les bergers militants Foulanis qui ont commis des attaques terroristes à l’encontre des agriculteurs chrétiens », s’émeut le président de la Commission des épiscopats de la communauté européenne (Comece), le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, dans sa lettre à l’épiscopat nigérian.

Au mois de mai, la Comece avait appelé l’Union européenne et la communauté internationale à œuvrer davantage pour mettre fin aux violences au Nigeria, traduire les criminels en justice, soutenir les victimes et promouvoir le dialogue et la paix.

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Campagne de protestation de l’épiscopat nigérian

Aux mois de févier et mars les évêques nigérians avaient lancé une campagne de protestation contre les violences antichrétiennes. Après une première action, mercredi 26 février, qui consistait, pour tous les catholiques, à s’habiller en noir pour assister à la messe d’entrée dans le Carême, la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (Cbcn) avait organisé, le 1er mars, dans l’après-midi, une manifestation pacifique. Des milliers de catholiques tout de noir vêtus avaient marché dans les rues de la capitale malgré une forte pluie. À cette occasion, Mgr Augustine Akubeze, président de la Conférence épiscopale nigériane, avait dénoncé « le niveau élevé d’insécurité dans chaque partie du Nigeria ». « Nous protestons contre le meurtre brutal de Nigérians innocents par Boko Haram et des bergers terroristes, avait-il affirmé. Nous sommes réunis pour pleurer les femmes, les enfants, les bébés et les hommes qui ont été tués par les terroristes. »

Attentats et affrontements communautaires

Le Nigeria est en effet secoué par des attentats terroristes menés par Boko Haram et l’État islamique auxquelles s’ajoutent les affrontements meurtriers entre bergers peuls et paysans sédentaires dans le centre du pays. Ceux-ci prennent une tournure religieuse puisque les bergers peuls sont majoritairement musulmans et les paysans sédentaires, chrétiens.

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« Mes pensées et mon cœur vont aux nombreux jeunes obligés de quitter le pays à cause de la violence et du manque de perspectives socio-économiques », a ajouté président de la Comece. Il a, par ailleurs, exprimé sa proximité avec les migrants et leurs familles, avec ceux qui fuient la violence et demandent l’asile, avec les victimes de la traite humaine et toutes les personnes déplacées et insisté sur la nécessité de les accueillir, les protéger, les promouvoir et les intégrer.

Lucie Sarr