Les lieux de culte sud-africains autorisés à rouvrir à partir du 1er juin


Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé, mardi 26 mai, que les lieux de culte en Afrique du Sud pourraient rouvrir dès le 1er juin sous conditions. Dans sa précédente adresse du dimanche 24 mai, il avait provoqué le courroux de partis politiques d’obédience religieuse en maintenant fermés ces lieux de culte malgré des allégements des mesures de lutte contre le Covid-19.

Une nouvelle adresse du président Cyril Ramaphosa, comme pour réparer un impair commis contre les religieux dans les allégements des mesures de lutte contre le Covid-19 en Afrique du Sud. Mardi 26 mai, Cyril Ramaphosa, dans un nouveau message à la nation entièrement consacré aux services religieux, a décidé que « les lieux de culte peuvent rouvrir sous réserve de restrictions strictes, qui sont absolument nécessaires si nous voulons empêcher les infections de se développer ».

Dimanche 24 avril, il avait déchaîné la colère des leaders de partis politiques d’obédience religieuse qui ont vivement réagi à son message à la nation dans lequel il annonçait des allégements des mesures prises pour freiner la propagation du coronavirus. Il s’agit de la levée du couvre-feu, la réouverture de la plupart des commerces, des écoles, l’autorisation de la vente d’alcool. Les lieux de cultes avaient été maintenus fermés et les rassemblements publics interdits, exceptés ceux ayant des fins commerciales ainsi que les funérailles limitées à 50 personnes au plus. « Il y a une attitude anti-Église qui se développe en Afrique du Sud et qui me préoccupe beaucoup », avait réagi Kenneth Rasalabe Joseph Meshoe, un pasteur évangélique, président du Parti chrétien-démocrate africain.

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Mogamad Hendricks, le leader de Al-Jama – un parti politique sud-africain qui vise à soutenir les intérêts musulmans et à faire respecter la charia – avait également exprimé « très fortement » son désaccord avec les nouvelles mesures du président Ramaphosa qui autorisaient des personnes à se rassembler pour les funérailles, et les chefs d’entreprise à rencontrer les membres du personnel, mais que le secteur religieux soit exclu.

Reprise sous conditions

Après examen et consultation des chefs religieux, Cyril Ramaphosa a décidé que, dans le cadre de la réglementation du niveau d’alerte 3, qui rentrera en vigueur le 1er juin, « les restrictions actuelles concernant le culte paroissial seront assouplies d’une manière soigneusement mesurée ».

Les églises, synagogues, mosquées, temples et autres lieux de culte reconnus pourront donc reprendre leurs services religieux avec 50 personnes ou moins en fonction de l’espace disponible. « La distanciation sociale devra être respectée et tous les fidèles et participants devront porter des masques conformes à la réglementation en vigueur, a insisté Cyril Ramaphosa. Toutes les organisations religieuses doivent mettre en place des protocoles pour, entre autres, le nettoyage et la désinfection en profondeur des lieux de culte avant et après les offices ».

Journée nationale de prière

Dans son message du 26 mai, le président Ramaphosa a salué le travail des religieux dans la lutte contre le coranavirus. « Nous saluons les offres qui ont été faites par plusieurs organismes religieux pour rendre leurs installations disponibles pour la lutte contre le coronavirus – en fournissant un espace supplémentaire pour les cours scolaires, pour la mise en quarantaine, pour le dépistage et les tests ou pour des abris pour les survivants de la discrimination fondée sur le sexe la violence ». Il les a en outre encouragés à augmenter le niveau de sensibilisation du public autour du coronavirus dans leurs services religieux, les groupes de communication religieuse, et leurs activités pastorales.

À cet effet, le président sud-africain a invité ses compatriotes à répondre à l’appel des responsables des différentes communautés religieuses pour une journée nationale de prière le dimanche 31 mai. « Lorsque nous nous réunirons à nouveau pour prier, prions pour la guérison de notre terre et la protection de notre peuple, a-t-il exhorté. Ce jour-là, je vous invite à vous tourner vers tous ceux qui ont été touchés par cette pandémie, vous souvenir de ceux qui travaillent pour nous garder en sécurité, de ceux qui souffrent et sont en deuil ».

Guy Aimé Eblotié