L’imam Dicko et M5 exigent de nouveau la démission du président malien


Samedi 4 et dimanche 5 juillet, le président malien, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) a rencontré l’imam Mahmoud Dicko, chef de file du mouvement de contestation du 5 juin, le M5, ainsi que des opposants membres du même mouvement.

Au terme de ces rencontres, le M5 qui avait suspendu, mercredi 1er juillet, ses appels à la démission du chef de l’État, privilégiant le dialogue, a de nouveau durci le ton.

La montagne a accouché d’une souris. La rencontre entre le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) et les chefs de file du mouvement de contestation du 5 juin (M5) dont l’imam Mahmoud s’est soldée par un échec.

Quelques jours plutôt pourtant, l’espoir de voir les deux partis trouver un terrain d’entente avait commencé à poindre. Le M5, après avoir rencontré de nombreux diplomates internationaux issus d’institutions comme l’ONU, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait en effet suspendu à son exigence de la démission IBK sous plusieurs conditions – contenu dans un mémorandum dit du 30 juin – dont la première était la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec, à sa tête, un premier ministre issu de ses rangs et qui ne pourrait être démis par le chef de l’État.

Durcissement

Samedi 4 juillet, les propos de l’imam Dicko à la sortie de sa rencontre avec le président Keita étaient assez évasifs. « On a parlé de tout ce qui concerne cette crise et du pays de façon générale. Je pense qu’avec la volonté de tout un chacun et de toutes les parties concernées, nous allons Inchallah trouver la solution », avait-il affirmé. Mais dimanche 5 juillet, après l’audience accordée par IBK aux autres membres du M5, le ton s’était durci. « Lors de cette brève rencontre, Monsieur Ibrahim Boubacar Keita a continué à faire la sourde oreille, preuve de mépris envers le Peuple malien », a estimé le M5 dans un message publié le même jour ajoutant que le chef de l’État « a royalement ignoré toutes les demandes et mesures contenues dans le mémorandum du 30 juin ».

Au cours de sa rencontre avec les dirigeants du mouvement de contestation, le président malien s’était voulu prudent n’exprimant clairement aucune concession. « Je respecte les positions exprimées par vous et là-dessus, je vous invite à continuer et approfondir les échanges avec la majorité présidentielle », avait-il commenté.

Lucie Sarr