Le père Michaël Olawy est missionnaire Clarétain. Il vient de publier un livre intitulé « Église androïde, quel agir ecclésial face aux TIC ? » (1) qu’il évoque dans cet entretien. La Croix Africa : Historiquement quel rapport entretien l’Église avec les nouvelles technologies ? Père Michaël Olawy : Dans un premier temps, l’Église était dans une attitude de méfiance vis-à-vis […]

Le père Michaël Olawy est missionnaire Clarétain. Il vient de publier un livre intitulé « Église androïde, quel agir ecclésial face aux TIC ? » (1) qu’il évoque dans cet entretien.

La Croix Africa : Historiquement quel rapport entretien l’Église avec les nouvelles technologies ?

Père Michaël Olawy : Dans un premier temps, l’Église était dans une attitude de méfiance vis-à-vis des nouvelles technologies. Cette méfiance venait non seulement d’une certaine méconnaissance qu’elle avait de ces technologies mais aussi et surtout de l’usage assez controversé qui en était fait. En effet, l’Église n’a jamais manqué de condamner les abus constatés quant à l’usage des nouvelles technologies. Mais très vite, elle a montré un regard globalement positif à leur égard.

Une preuve forte du bon accueil que l’Église fait des nouvelles technologies est la place que le Concile Vatican II leur accorde à travers le décret Inter mirifica du 4 décembre 1963. En effet, l’Église, à travers le concile, voyait dans la radio, la télévision et le cinéma de « merveilleuses découvertes techniques qu’avec l’aide de Dieu, le génie de l’homme a tirées de la création ». Ce qui était vrai pour ces médias dits traditionnels l’est pour les nouvelles technologies. L’Église voit en elles des fruits de l’intelligence humaine que Dieu a inspirée. Elle ne saurait donc se mettre dans une attitude de rejet radical. Elle les accueille et en fait des moyens pour l’aider dans sa mission d’évangélisation. La multiplicité des applications de prière et de méditation de la Parole de Dieu en est un exemple frappant.

Ce rapport a-t-il changé avec la crise sanitaire et les messes virtuelles ?

Père Michaël Olawy : La crise sanitaire a été l’occasion pour l’Église de montrer qu’elle considère pleinement les nouvelles technologies comme un moyen légitime pour assurer sa mission d’évangélisation. En effet, avec toutes les restrictions imposées par le coronavirus, les communautés chrétiennes se sont réinventées une manière de vivre leur foi à travers des messes, des récitations du chapelet, des chemins de croix en direct sur divers réseaux sociaux. On peut donc affirmer, que si certains doutaient de l’importance que l’Église donne aux nouvelles technologies et du bon accueil qu’elle leur fait, cette crise sanitaire a été l’occasion de prouver le contraire. Le Saint-Siège n’est pas resté en marge de cet élan. Souvenons-nous des messes quotidiennes du pape diffusées sur Internet et de la mémorable bénédiction Urbi et orbi exceptionnelle donnée par le pape le vendredi 27 mars qui a été suivi partout dans le monde entier, même par des non-chrétiens.

Quelle attitude le chrétien doit-il avoir face aux nouvelles technologies ?

Père Michaël Olawy : Il serait bon pour le chrétien de voir dans les nouvelles technologies un moyen qui peut l’aider à vivre sa foi et sa fraternité avec d’autres en Église mais aussi avec tous. En effet, avec les nouvelles technologies, le monde est un grand village où il est facile d’être en contact avec d’autres personnes de par le monde. De plus, la facilité d’information qu’elles permettent est un atout pour grandir dans la connaissance de sa foi et de l’Église. Ainsi, comme outil de formation, elles méritent l’attention du chrétien.

Les nouvelles technologies faisant entrer dans un univers virtuel qui a ses pièges, leur usage par le chrétien passe par un certain discernement. Souvenons-nous de ces paroles de l’apôtre Paul : « Tout m’est permis, mais tout ne m’est pas utile » (1 Co 10, 23). Le chrétien, en tant qu’usager des nouvelles technologies doit donc faire attention à ce qu’il y fait et ce qu’il recherche. En tant que professionnel des nouvelles technologies, sa mission d’évangélisateur ne doit pas être reléguée au second plan. Il doit veiller à faire des nouvelles technologies un instrument au service de la gloire de Dieu.

Recueilli par Lucie Sarr

(1) Michaël Olawy, « Église androïde, quel agir ecclésial face aux TIC ? », Éditions Presses de l’ITCJ, 2020, 80 pages