Mise au point de l’épiscopat burundais après la publication de résultats définitifs des élections


Le 4 juin, la Cour constitutionnelle du Burundi a publié les résultats des élections générales. Ceux-ci confirment la victoire du général Evariste Ndayishimiye, candidat du parti présidentiel, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (Cndd-Fdd).

En publiant ces résultats, cette cour a cité l’Église catholique parmi les plaignants ayant déposé un recours auprès d’elle pour remettre en cause la crédibilité des élections.

Le 5 juin, l’épiscopat a fait une mise au point.

« Après avoir entendu, ce 4 juin 2020 la proclamation des résultats définitifs et officiels de l’élection du Président de la République, faite par le Président de la Cour Constitutionnelle, nous avons été très surpris d’entendre la Cour Constitutionnelle citer la Conférence des Évêques catholiques du Burundi comme si elle était plaignante en ce qui concerne cette élection », explique l’épiscopat burundais dans une note rendue publique le 5 juin.

Le 4 juin, la Cour Constitutionnelle a estimé que le recours du chef du Conseil national pour la liberté (CNL), le principal parti d’opposition, Agathon Rwasa, contre les résultats des élections présidentielles, législatives et communales, sont « nuls et de nul effet ».

Les sept membres de cette cour ont validé la victoire, à la présidentielle, du général Evariste Ndayishimiye avec 68,70 % des voix, devant Agathon Rwasa (24,18 %) et le candidat de l’Union pour le progrès national (Uprona), Gaston Sindimwo (1,63 %).

Déclaration du 26 mai

Le 26 mai, à la publication de résultats partiels par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), les évêques qui avaient envoyé 2 716 observateurs, dans 20 % des bureaux de vote du pays avaient remis en cause la fiabilité de tels résultats. « Nous déplorons beaucoup d’irrégularités quant à la liberté et la transparence du processus électoral ainsi qu’à l’équité dans le traitement de certains candidats et des électeurs », avaient-ils affirmé par la voix de Mgr Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga, dans le nord-est et président de la conférence des évêques.

Félicitations

Les évêques burundais donnent, par ailleurs, des éléments d’explications sur cette « erreur » de la Cour constitutionnelle. Selon eux, c’est le président de cette institution qui avait insisté pour avoir des éléments de preuve sur les doutes que l’épiscopat avait exprimés après les premiers résultats. « La Conférence épiscopale lui a transmis de bonne foi quelques éléments dans une note confidentielle, étant donné que son rapport complet d’observation des élections est destiné en principe à la Commission électorale indépendante (CENI), selon le Code de conduite des observateurs nationaux et étrangers pour le processus électoral de 2020 », continue la déclaration.

Les évêques précisent qu’ils n’avaient aucune raison de présenter un recours car « dans le cadre des élections en question, le rôle de l’observateur n’était que de noter et de consigner des irrégularités et faits observés de ses propres yeux ».

Ce faisant, l’épiscopat a pris acte de ces résultats et présenté ses félicitations au général Evariste Ndayishimiye, le désormais président de la république du Burundi

Lucie Sarr