Cheikh Moussa Djamali, l’imam de Mavivi, à 10 km de Beni, dans l’est de la RD-Congo, a été tué par balles, mardi 18 mai.

C’est le deuxième imam en trois semaines à être assassiné à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RD-Congo, selon le même mode opératoire.

Mardi 18 mai, Cheikh Moussa Djamali, imam de la mosquée de Mavivi, à 10 km de Beni, a été tué par balles alors qu’il sortait de la prière du soir. L’information a été confirmée par le maire de Beni, Donat Kibuana et le représentant de la Communauté islamique du Congo (Comico) à Beni, Cheik Mustapha Machongani.

Le 1er mai, un autre responsable musulman de Beni, Cheikh Ali Amin, président de la communauté islamique et chargé des cultes de cette ville, avait été assassiné. « C’est le même mode opératoire qu’avec Cheikh Aliamin tué début mai, le tireur a visé la tête », a souligné le représentant de la Comico.

La RD-Congo a une population majoritairement chrétienne (entre 85 et 90 %). Les musulmans constituent entre 5 et 10 % de la population.

Insécurité

Ces meurtres interviennent dans un contexte d’insécurité généralisée dans l’est de ce vaste pays d’Afrique centrale (2,345 millions km²).

Au cours du mois avril, les habitants de Beni ont organisé des manifestations pour dénoncer l’insécurité marquée par les tueries des groupes armés, notamment les Forces démocratiques alliées (ADF). Ceux-ci sont des rebelles musulmans ougandais installés dans l’est de la RD-Congo depuis le milieu des années 1990. Depuis 2019, plusieurs de leurs massacres ont été revendiqués par l’État islamique. Au moins 3 000 personnes ont été tuées dans des exactions attribuées aux ADF et des dizaines de milliers d’autres, déplacées tandis qu’émerge une grave crise humanitaire.

Fin avril, le président congolais Félix Tshisekedi a annoncé une réponse musclée : l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Depuis le 6 mai, date de l’entrée en vigueur de ce décret gouvernemental, ces deux provinces sont administrées par des gouverneurs militaires.

Plaidoyer de l’Église pour l’est de la RD-Congo

Après deux missions menées dans les provinces de Nord-Kivu et de l’Ituri, l’Église catholique congolaise avait publié, en avril, un rapport sur l’insécurité dans l’est de la RD-Congo et la manière dont elle est analysée et vécue par les populations sur place.

Le 3 mai, le père Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a remis, au nom de cette structure et de l’Association des conférences épiscopales d’Afrique Centrale (Aceac), un plaidoyer au président de l’Assemblée nationale de RDC, Christophe Mboso N’Kodia Pwanga sur la situation des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Le but était de fournir des informations aux députés pour leur mission parlementaire prévue dans ces deux provinces.

Par ailleurs, le 6 mai, Mgr Melchisédech Sikuli Paluku, évêque de Butembo-Beni, dans le Nord-Kivu, a interpellé le président congolais sur la situation de ses diocésains. « En vertu de ma charge pastorale et de ma mission prophétique, j’en appelle, une fois de plus, au chef de l’État comme garant des institutions de la République, de faire absolument tout ce qui lui incombe, devant le peuple et devant l’histoire, pour que l’autorité de l’État, comme garant de la paix et de la sécurité des citoyens, soit définitivement restaurée dans l’est de notre pays ».

Lucie Sarr