Don Angelo Riva celebrates a mass in an empty church after Italy’s lockdown measure to prevent the spread of Covid-19, in Carenno, Italy, Thursday, April 2, 2020. The new coronavirus causes mild or moderate symptoms for most people, but for some, especially older adults and people with existing health problems, it can cause more severe illness or death. (AP Photo/Antonio Calanni)

Alors que le gouvernement italien a annoncé travailler avec l’épiscopat à un « protocole de sécurité maximale » pour la reprise des messes publiques en ces temps de Covid-19, le pape a apaisé le débat, mardi 28 avril au matin, invitant à la « prudence » et à l’« obéissance » aux mesures gouvernementales.

Dans le débat entre les évêques et le gouvernement italiens sur l’éventualité d’une reprise de la participation des fidèles aux messes, le pape François a tenu à jouer l’apaisement, mardi 28 avril, en priant au début de sa messe matinale à Sainte-Marthe pour que chacun respecte les mesures prises en vue du déconfinement et garde la prudence, « afin que la pandémie ne revienne pas ».

« En ce moment, alors que nous commençons à avoir des dispositions pour sortir de la quarantaine, prions le Seigneur de donner à son peuple, à nous tous, la grâce de la prudence et de l’obéissance aux dispositions, afin que la pandémie ne revienne pas », a-t-il demandé au tout début de sa messe matinale.

Cet appel à la vertu de prudence – que le pape emploie d’habitude dans son sens théologique où elle signifie clairvoyance et prévoyance plutôt que frilosité – répondait aux ouvertures esquissées la veille au soir par le président du Conseil italien Giuseppe Conte qui a annoncé qu’il travaillait à un « protocole de sécurité maximale » avec l’épiscopat. Ce dernier l’avait accusé, dimanche soir, de violer la liberté de culte.

Dénouer la crise

Lundi matin, lors de sa messe quotidienne, le pape s’était gardé de s’avancer sur ce débat, mais avait laissé, au cours de la journée, des responsables du Vatican prendre position.

« L’Italie qui interdit la messe est-elle encore démocratique ? », s’interrogeait ainsi Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, dans le quotidien de gauche Il Reformista.

Dans le même temps, le Saint-Siège aurait discrètement travaillé auprès du premier ministre comme du président italien Sergio Mattarella pour tenter de dénouer la crise et ne pas alimenter ceux qui, à l’extrême droite, dénonçaient depuis plusieurs semaines déjà l’impossibilité de célébrer en public comme une persécution de l’Église.

« Pas d’attitude matérialiste du gouvernement »

Finalement, lundi soir, en marge de son premier déplacement en Lombardie depuis le début de la crise du coronavirus, le premier ministre italien Giuseppe Conte s’est dit « désolé » d’avoir créé « un regret compréhensible » chez les évêques en ne permettant pas plus, à compter du 4 mai, que des obsèques religieuses limitées à une participation maximale de 15 personnes.

Assurant avoir dialogué avec le cardinal Gualtiero Bassetti, archevêque de Pérouse et président des évêques italiens, il a annoncé « travailler à la définition d’un protocole de sécurité maximale pour que tous les fidèles puissent participer aux célébrations en toute sécurité ».

« Il n’y a pas d’attitude matérialiste de la part du gouvernement », a-t-il assuré, reconnaissant « une certaine rigidité » du comité technico-scientifique qui le conseille « sur l’hypothèse que, même dans la littérature scientifique, la pratique religieuse est une des sources des foyers ».

« Une erreur réparable »

Cette ouverture a été favorablement accueillie par l’Église italienne. « Le premier ministre et de nombreuses voix politiques et gouvernementales autorisées ont apporté des accents nouveaux et différents sur la question. Les erreurs peuvent être commises et corrigées. Le prouver, dans la durée de la coresponsabilité qui nous attend, donnera plus de force et plus de sérénité à tous », écrivait ainsi mardi matin Marco Tarquinio dans son éditorial d’Avvenire, le quotidien de l’épiscopat italien, intitulé « Une erreur réparable ».

Une manière de rester ferme sur les positions de principe tout en affichant la responsabilité dont l’Église italienne a fait preuve depuis le début de la crise, malgré la souffrance des fidèles.

Nicolas Senèze, à Rome