30 April 2020, Lower Saxony, Hanover: A woman and a man are sitting in the market church, which is seated at a distance, and pause. In the Corona crisis, the federal and state governments want to allow visits to church services again under certain rules of distance and hygiene. Photo by: Julian Stratenschulte/picture-alliance/dpa/AP Images

Alors qu’une partie des évêques français a exprimé sa franche déception quant au calendrier gouvernemental de la reprise des célébrations, interrompues en raison de la pandémie de Covid-19, la plupart de nos proches voisins européens s’acheminent vers une reprise progressive et très encadrée des messes en mai.

► Allemagne : des rassemblements déjà autorisés selon les régions

En Allemagne, la situation évolue rapidement. Mercredi 29 avril, l’instance suprême de la justice allemande a autorisé sous condition la réouverture des lieux de culte, remettant ainsi en cause les restrictions mises en place par les autorités. La Cour constitutionnelle fédérale était saisie du cas d’une association musulmane dans le nord de l’Allemagne qui contestait l’interdiction de la prière du vendredi dans une mosquée en plein Ramadan par les autorités locales de Basse-Saxe. Les juges suprêmes lui ont donné raison et infirmé une décision d’un tribunal administratif. Ils ont aussi souligné que leur décision faisait jurisprudence et s’appliquait « à l’interdiction générale des services religieux dans les églises, mosquées et synagogues ».

Ainsi la Cour a jugé « inconcevable » que les interdictions de lieux de culte ne prévoient pas des « exceptions pour ce type de services religieux », dès lors que des précautions sont prises. Surtout, les juges ont estimé que l’interdiction totale constituait une « grave intrusion dans la liberté de religion », garantie par la Constitution allemande, et ce, surtout pendant « les prières du vendredi du mois de jeûne du Ramadan ».

La sanction de la Cour constitutionnelle met la pression sur les autorités allemandes pour assouplir rapidement les restrictions concernant les lieux de culte. Les différentes religions s’en plaignent de plus en plus et la chancelière Angela Merkel doit rencontrer les présidents des régions allemandes, compétents en matière de culte, pour tenter de définir une ligne d’action commune. Déjà, certaines régions peu touchées par la pandémie, comme la Saxe, ont autorisé les rassemblements religieux et d’autres comme le Mecklembourg ont prévu de le faire en mai avec des restrictions portant principalement sur les distances à respecter entre fidèles et le port de masques.

La conférence épiscopale allemande s’est déclarée « heureuse » de l’assouplissement en perspective. Ils ont mis au point des recommandations qui tiennent compte des normes d’hygiène indispensables pour éviter autant que possible toute contagion.

► Espagne : une reprise par étapes à partir du 11 mai

L’Espagne, pays durement touché par le coronavirus, a annoncé, mercredi 29 avril, son plan de déconfinement. Conçu en quatre phases espacées au minimum de quinze jours, il s’appliquera différemment selon les provinces du Royaume. Les églises pourront, sauf consigne inverse, recommencer à accueillir des fidèles dans les lieux de culte, à 30 % de leur capacité, à partir du 11 mai. Cette capacité sera portée à 50 % dans la phase 2 de la désescalade, qui, dans certaines provinces où la situation sanitaire sera stabilisée, commencerait au plus tôt le 25 mai. Dans la phase 3, la vie pastorale ordinaire sera rétablie.

La Conférence épiscopale espagnole (CEE) a publié des consignes sanitaires strictes à l’attention des prêtres et des fidèles, pour que soient respectées un certain nombre de mesures barrière dans les églises. Le port du masque est recommandé pour les fidèles. Le prêtre célébrant doit se désinfecter les mains au début de la messe, ainsi que tous ceux qui donneront la communion. À l’entrée et à la sortie, les fidèles doivent se voir offrir un gel hydroalcoolique. Il y aura également un personnel chargé de distribuer les feuilles de messes sur les bancs, les portes des églises resteront ouvertes à l’entrée et à la sortie des célébrations pour éviter de toucher les poignées. Les bénitiers resteront vides.

Malgré ces consignes, les évêques maintiennent pour les personnes âgées et vulnérables la dispense d’assister à la messe pendant cette période de transition. Depuis le 14 mars, les célébrations publiques étaient complètement suspendues en Espagne. Toutefois les églises, comme en France, sont restées ouvertes

► Italie : une possible reprise à partir du 11 mai

Une reprise progressive des messes publiques pourrait être possible en Italie à partir du 11 mai, à condition qu’elles se tiennent en plein air, en commençant par les messes de semaine. Le gouvernement a également allégé les mesures concernant les funérailles. Limitées depuis deux mois à une simple bénédiction au cimetière en présence des très proches du défunt, elles pourront à partir du 4 mai être célébrées en présence d’un maximum de quinze personnes, si possible en extérieur et en respectant la distanciation physique.

À partir du lundi 18 ou du 25 mai – les fidèles pourraient célébrer à l’intérieur des églises si les conditions de sécurité sanitaires sont réunies (distance entre les fidèles, les gants et les masques, la suspension de certains gestes liturgiques comme l’échange de la paix…). La conférence épiscopale italienne a vivement réagi à la décision du gouvernement de maintenir l’interdiction des messes après le 4 mai et le début du déconfinement, dénonçant là « atteinte à la liberté de culte ».

► Grèce : des messes le 17 mai

Le 17 mai, les fidèles pourront, à condition de respecter de strictes mesures sanitaires, de nouveau assister à des messes dans les églises qui étaient restées closes même pendant la Pâque orthodoxe. Cette reprise s’inscrit dans le plan progressif de déconfinement du pays, à partir du 4 mai.

Héloïse de Neuville (avec AFP)