Dimanche 9 mai, des cambrioleurs se sont introduits dans la résidence de Mgr Matthew Remijio, évêque de Wau, dans le sud soudan et administrateur de Rumbek, dans le centre.

La mission d’évêque n’est décidément pas de tout repos au Soudan du Sud. Moins de trois semaines après l’attaque de Mgr Christian Carlassare, évêque de nommé de Rumbek, dans le centre du Soudan du Sud, des cambrioleurs se sont introduits dans la résidence de Mgr Matthew Remijio, évêque de Wau, dans le sud, dimanche 9 mai.

En l’absence de l’ordinaire des lieux, ils ont volé 20 000 dollars américains. Des appareils électroniques ont aussi été emportés, notamment un ordinateur, un téléphone, un disque dur externe et une radio.

Mgr Matthew Remijio, 49 ans, a été nommé évêque de Wau en novembre de 2020. Il a, par ailleurs, été nommé, le 5 mai, administrateur du diocèse Rumbek le temps du rétablissement de son confrère combonien, Mgr Carlassare.

Attaque de Mgr Carlassare

Lundi 26 avril, deux individus armés s’étaient introduits dans la résidence de Mgr Christian Carlassare, évêque nommé de Rumbek et avaient criblé de balles la porte de sa chambre avant de le blesser aux jambes. Les jours du missionnaire combonien d’origine italienne ne sont pas en danger. Il avait été acheminé à Juba, puis à Nairobi, au Kenya où il continue de se soigner.

Mgr Remijo qui s’est exprimé sur les ondes d’une radio locale après cet incident, a affirmé que l’incident survenu à son domicile n’avait rien à voir avec ce qui s’est passé à Rumbek, et qu’il n’avait pas peur d’accomplir sa mission dans le diocèse qu’il doit administrer.

Ordination mouvementée de l’archevêque de Juba

Dans ce pays d’Afrique de l’Est secoué par des divisions ethniques entre Dinka et Nuer, être évêque n’est assurément pas simple puisque la nomination, fin 2019, de l’actuel archevêque de Juba la capitale, Mgr Stephen Ameyu Martin Mulla avait pris les allures d’un vaudeville. Une lettre avait même été envoyée au Saint-Siège, remettant en cause ce choix et accusant l’archevêque nommé de tous les maux. Après enquête, le Saint-Siège avait confirmé cette nomination en mars 2020. Mais le 8 mars, des opposants à la nomination du nouvel archevêque de Juba avaient agressé des membres du personnel de la cathédrale Sainte-Thérèse. De plus, l’installation du prélat avait été mouvementée, le 22 mars suivant : le cortège présidentiel de Salva Kiir avait été percuté, sans qu’il y ait de victimes, par une voiture venant de la direction opposée, qui avait ignoré les ordres de la police de dégager la route.

Lucie Sarr