Une nouvelle gouvernance pour l’Église en Australie


Commandé par la Conférence des évêques australiens (ACBC), un rapport pour « Promouvoir une gouvernance coresponsable dans l’Église » est divulgué depuis le 1er juin sur les réseaux sociaux. Ce document promeut une refonte des procédures administrative et financière et un rôle accru pour les femmes.

C’est un rapport de 208 pages, intitulé « Promouvoir une gouvernance coresponsable dans l’Église catholique en Australie » et qui a été rédigé par une équipe de 14 personnes, comprenant des laïcs et des clercs, des hommes et des femmes, des Australiens et des experts internationaux.

Ce travail avait été commandé en mai 2019 par la Conférence des évêques australiens (ACBC), à la suite d’une des recommandations de la Commission royale d’enquête sur les abus sexuels sur mineurs en 2017 à propos des réponses institutionnelles à apporter pour lutter contre de tels abus dans l’Église, notamment avec davantage de responsabilités partagées entre les prêtres et les laïcs, hommes et femmes.

À la mi-mai, ce rapport avait été présenté aux évêques par le Groupe consultatif mis en place pour revoir la gouvernance des diocèses et des paroisses. Mgr Mark Coleridge, archevêque de Brisbane et président de l’ACBC, avait félicité ce Groupe d’« avoir produit un travail aussi substantiel, avec des implications de grande portée pour la vie et la mission de l’Église ».

Selon l’agence catholique Ucanews, qui a vérifié le contenu du rapport avec deux de ses auteurs, celui-ci recommande aux évêques d’avoir un Collège de consultants qui comprendrait des laïcs, notamment des femmes, et qui devrait être consulté sur les nominations et les finances. Sur certains sujets, les évêques seraient également tenus de consulter des experts indépendants.

Plus de « transparence »

Il est recommandé aussi aux diocèses et paroisses d’introduire plus de « transparence » au sein de leurs conseils pastoraux, avec un contrôle régulier des finances et des garanties pour les enfants.

Une même transparence est recommandée à la Conférence épiscopale à propos de son processus de sélection des évêques. « L’absence de consultation publique et l’opacité du processus de sélection lèsent tout le monde – sauf quelques privilégiés consultés dans le secret – et remettent en question l’efficacité » de l’ACBC, rapporte Ucanews à propos de ce qui est écrit dans le rapport.

Mi-mail, les évêques ayant décidé de continuer de réfléchir aux 86 recommandations de ce rapport, celui-ci devait rester secret jusqu’en novembre prochain. Mais depuis le 1er juin, il a commencé à être divulgué sur Internet. « La version publiée n’est pas le document final », a mis en garde un porte-parole de l’ACBC, considérant que la nécessité de quelques corrections et clarifications expliquait ce retard de publication.

Selon l’agence catholique Ucanews, ces changements à venir ne seraient que de « légers ajustements ».

Toujours est-il que ce rapport ne pourra être examiné que lors de la prochaine Assemblée plénière de l’ACBC qui était initialement prévue à l’automne 2020, mais qui a été repoussée, en raison de la pandémie, à octobre 2021.

Si ce rapport est voté par les évêques australiens, il devra encore être ratifié par le Vatican.

Claire Lesegretain (avec CNS et Ucanews)